NASSER

BAKHTI

LE RÉALISATEUR

Nasser Bakhti est un auteur/réalisateur et producteur indépendant qui suit depuis plus de 30 ans un parcours de cinéaste atypique. Après un début de carrière à Londres ou il réalise son premier film pour Chanel 4, il s’installe en Suisse avec son épouse et partenaire Béatrice.

Ses films renferment toujours une quête de sens où l’humain est toujours au centre. Il va chercher, les ambitions, les passions et la diversité et capter la richesse intérieure des êtres qu’il filme. Mais il n’évite pas les fêlures, les doutes, les douleurs, les manques, les échecs et la capacité de résilience.

Dans ses films, il fait partie des histoires des gens qu’il filme, il se glisse avec discrétion dans leur vie par l’écoute et la curiosité. Pour lui, le film documentaire nous incite à une attention particulière pour mettre en confiance les protagonistes afin de leur permettre de se confier avec sincérité et franchise.

Il n’a pas peur de montrer les sentiments, les émotions, les enjeux dans les relations et les mises à nu. Dans chaque film se dégage une intensité et une profondeur rares portées par des êtres authentiques. Ses mises en scènes sont sobres, originales et exigeantes car elles n’obéissent qu’a une seule règle la liberté de ton. Elles mêlent les notes sensibles du vécu ou de la mémoire de ses personnages, accordés avec harmonie dans une esthétique qui allie douceur et puissance à la fois. Sa motivation principale, raconter des êtres avec des histoires captivantes, tout en offrant aux spectateurs une expérience immersive, un miroir qui l’absorbe et le révèle à lui-même. Ce travail cinématographique de qualité, lui a valu de nombreuses récompenses et sélections internationales.

NOTE D’INTENTION

Pour mon film précédent, j’ai fait appel à Bernard Crettaz, l’expert, celui qui a sorti la mort de son tombeau pour me parler du deuil et des tabous qui l’accompagnent.Pour ce nouveau projet, je souhaiterais oublier le Crettaz « spécialiste de… » ou « expert de… », et aborder l’homme, sa vie, ses combats, ses contradictions et sa propre mort. Revenir sur le parcours de ce fils de paysan de montagne devenu intellectuel, un tribun charismatique qui explore et ausculte notre société, sa mémoire et son devenir.Aujourd’hui, au crépuscule de sa vie, Bernard est affecté par sa condition de personne âgée mais il en rit et me lance avec une voix pleine d’énergie et de conviction : « Est-ce que réussir sa vie veut dire que nous allons réussir notre mort ?

… à mon âge, on croit pendant longtemps… en fait on est absolument persuadé qu’on va arriver à échapper à tout, mais dans la réalité du quotidien, tout nous rattrape… et c’est là que l’Espérance devient violente… » d’où l’idée du titre du film :

« Et comme l’espérance est violente »

Ce voyage cinématographique au cœur de la mémoire de Bernard Crettaz sera émaillé d’archives personnelles ou télévisuelles, mais la priorité sera d’être dans la proximité, de voir et d’écouter celui qui parle, qui observe et dont le regard fait toujours mouche !

Bernard ne craint ni la polémique, ni l’action. Il jette sur son pays et sur l’état du monde un regard lucide, avec un franc-parler déconcertant. Notre conversation n’est jamais gênée, ni sinueuse. Ses mots peuvent être tendres et bienveillants, cruels et en colère, mais toujours justes. Sa condition de vieillissant comme il aime à le dire, lui donne une profondeur rare.

Avec ce projet, j’ai à coeur de réaliser un film qui questionne notre rapport à la mort, au temps, aux rituels, à la richesse et à la diversité des attitudes face à la mort. Analyser er essayer de comprendre la mort en temps de pandémie ainsi que la violence insidieuse qu’elle propage, la précarité qu’elle révèle, le partage et la solidarité qu’elle suscite. A travers, l’expérience et le regard aiguisé du sociologue suisse Bernard Crettaz, fervent défenseur de la libre parole autour de la mort, nous allons rendre compte des remises en question qui nous envahissent quand approche la fin de vie. Comment appréhender demain, cet après incertain qui nous hante déjà, et qui peut-être nous aidera à découvrir ce qu’il y a de vrai et de vivant en chacun de nous.Une démarche lente mais déterminée, filmée à hauteur d’un homme qui se surnomme le «Vieillissant» et qui évoque hier avec tendresse et culpabilité, s’inspire du présent et rêve d’un avenir qui lui échappe.

Crettaz s’associe aussi à un contemporain, Jean-Pierre Fragnière, sociologue, pour écrire un livre intitulé : «Oser la Mort». Ensemble les deux complices osent se confronter à leur propre mort.

Nous sommes convaincus que ce film suscitera un vrai débat qui nous concernera tous. Aussi, il aidera nos jeunes à porter un regard différent sur leurs aînés, à comprendre l’importance d’être là pour eux, car à cet âge avancé… l’espérance devient violente!

Une mise à nu forcée par cette crise sanitaire inédite, dont personne ne connaît l’issue. Nous sommes appelés à repenser notre manière de vivre, à être attentifs au monde qui nous entoure, aux autres et à la réalité de nos rapports. Nous sommes face à nos responsabilités.

Avec ce film, je souhaiterais capter ses absences furtives et inattendues que j’ai pu observer où il vous regarde dans les yeux sans mot dire, il vous pénètre et regarde au-delà de vous, au-delà du lieu. Il voyage pendant un moment dans sa tête puis revient vers vous avec un sourire au coin et une phrase qui vous laisse sans voix. J’ai donc à cœur de gratter sous la carapace et essayer d’aller plus loin, de découvrir et faire découvrir aux spectateurs, ses victoires et ses défaites, ses idéaux et ses regrets, et surtout ses incertitudes et ses doutes du moment, liés à son âge. Sans oublier bien sûr, sa condition d’homme à qui on a promis la mort, à la naissance déjà.

Le film sera conçu et réfléchi pour être à l’écoute de cette figure incontournable, de ce qu’elle a à nous transmettre, à nous léguer, si j’ose dire. Je l’aiderai à explorer les moments décisifs de son existence en évoquant ce qui l’a marqué. Ça sera plus qu’un portrait puisque j’essaierai de recueillir sa parole et de comprendre son regard sur la vie, sur son expérience de vie, sur la Suisse d’hier et celle qui s’éveille sur le monde d’aujourd’hui. Une manière de préserver la mémoire d’un homme précieux, qui garde à plus de 80 ans, une fraicheur et une lucidité renversantes sur ce qui l’entoure et sur ce qui nous concerne tous. Et il est heureusement pour nous, encore là.

De nos échanges, j’ai retenu que ses réflexions peuvent être parfois drôles, parfois dramatiques, elles vont au-delà de l’anecdote ou de l’observation sociologique, au-delà du politique et de l’économique, car elles racontent la liberté de l’esprit et la liberté de paroles.

Avec ses Cafés Mortels, il s’est oublié durant plus de dix longues années pour pouvoir être à l’écoute des autres, de leurs souffrances et de leurs relations à la mort.

Bernard : « Je ne comprenais pas ce qui se passait au début, avec ces rencontres les personnes semblaient retrouver une dignité après avoir parlé… »

Mon idée avec ce film est de donner à Bernard l’opportunité de pouvoir se raconter, de se réapproprier le récit, à sa manière et je suis persuadé que cet homme en verve va vous séduire, vous dérouter, vous surprendre et vous enchanter.

En l’accompagnant en Valais, dans le village de son enfance, le temps m’a paru suspendu, les paysages montagnards nous offraient un décor majestueux.   Les longs silences et le regard de Bernard dévoilaient son humeur intérieure. Il était dans son élément, les personnes qui le croisaient, s’exclamaient : « Ah c’est le Bernard, comment il va ? »

Le village est divisé en deux parties, d’un côté le vieux village typique avec ces petites habitations du vieux Valais appelés « mazots » en bois, noirci et usé par le temps et en face se dresse le visage de la modernité : des grues, des ouvriers qui grouillent et des murs de béton qui sortent du sol et montent vers le ciel.

Il était fier de jouer le guide à travers sa mémoire et celle de son village, son école, l’église du village, la plus vieille maison du village… de la manière de vivre des anciens et de leur précieux savoir, ces hommes et ces femmes pour qui il a une tendresse infinie.

Ses souvenirs apparaissent alors comme des petites histoires d’un autre temps qui tissent peu à peu le passé, de ce lieu, son présent et ce qui se projette déjà dans le futur, avec espoir ou colère. Petit à petit, à ce moment-là, je vois se dessiner devant mes yeux un personnage singulier qui va indéniablement capter et séduire la caméra et qui nous servira de guide, en nous faisant réfléchir sur notre propre vie, nos idéaux, sur notre rapport au temps, à la solitude, aux saisons qui passent, aux promesses qu’on s’est faites et qu’on n’a pas tenues, au doute qui nous envahit à l’approche de la fin. Mais nous aidera aussi à confronter la mort, avec naturel, et par certains moments, avec ironie et détachement.

Après plusieurs semaines de préparation, j’ai pu tisser avec Bernard une vraie relation de confiance basée sur la franchise et le respect mutuel. Ce qui ne nous a pas empêché, d’avoir des divergences d’opinions et de croyances, souvent accompagnées de saines confrontations.

Dans mes précédents films j’ai toujours cherché une certaine vérité, celle qui émane de chaque personnage que je filme, être toujours dans la proximité, en allant le plus possible vers l’intime. Certes, il y a la parole, car je recueille un témoignage, celui d’une vie. Mais il y a surtout, des images qui vont aussi parler et montrer l’univers ou les univers de Bernard, les silences qui rythment ses paroles, la lenteur des gestes, les hésitations de cet homme dans tout ce qu’il fait, le passage du temps qui rythme le quotidien. En revanche, une importance particulière sera donnée à la saison de l’automne avec sa mélancolie. Il y a aussi le visage de Bernard, creusé par les petits sillons des années qui est, à lui seul, un paysage mystérieux. En un rien de temps il change d’expression, passant du rire aux éclats aux larmes, lorsqu’il se trouve devant les tombes de proches disparus.

Il est aussi clair pour moi qu’il me faut rester ouvert et attentif aux imprévus, des situations qui peuvent surgir de manière inattendue, inévitables et que mon équipe et moi devrons saisir sur le vif.

Concernant la narration, aucune chronologie ne sera privilégiée et l’espace-temps sera déconstruit pour laisser libre court aux allers-retours des souvenirs sur les traces d’un être qui a choisi son destin, qui a osé rêver et défendre des idéaux et pour qui l’avenir n’est plus une promesse…

Le tournage s’effectuera entre le Valais, Vaud, Genève, Fribourg et Paris.

Pour finir, ce film a pour ambition, de partir à la découverte de Bernard Crettaz, l’homme, ses folles aspirations et ses idéaux durant la fougue de la jeunesse, son extraordinaire réussite durant l’âge adulte puis la réalité de son déclin avec l’âge et sa douloureuse solitude intérieure. Un présent empli de doutes et un regard lucide et critique qui ne se laisse pas bercer d’illusions.

Filmographie

EN POST-PRODUCTION

 

LAURENCE DEONNA, LIBRE !
Documentaire de création, long-métrage (90 min.) : le portrait d’une féministe suisse de la première heure, écrivain, et grand reporter.

 

 

EN PRÉPARATION

 

CRETTAZ “ET COMME L’ESPÉRANCE EST VIOLENTE…”  Un documentaire de 108 min réalisé par Nasser Bakhti. Sortie cinéma prévue automne 2023

PHILIPPE DAHINDEN L’HOMME QUI NE VOUS QUITTE JAMAIS! Documentaire de création de 90 min. Avec Jean-Philippe Rapp. Réalisé par Nasser Bakhti. Sortie prévue mars 2021

 

 

FILMS ACHEVÉS

 

2019

UN ANGE PASSÉ TROP VITE
Documentaire de création (92 min.) réalisé par Nasser Bakhti. Avec le soutien de la SRG SSR.

2017

ROMANS D’ADULTES, sur le chemin de l’indépendance Vol. 1 & 2 Documentaire de création en 2 parties (2x 90 min.) Coréalisé par Béatrice Bakhti. En coproduction avec la RTS.

2015

APPIA, MÉMOIRES D’UNE ŒUVRE
Documentaire de création (90 min.) En coproduction avec la RTS.

2012

BERNARD BOVET : LE VIEIL HOMME À LA CAMÉRA.
Documentaire de création, long-métrage (100 min.) En coproduction avec la RTS.

2008

À NOS AMOURS !
Série de reportages (8× 12 min.) En coproduction avec la RTS / TV5 monde / Radio Canada.

2006

AUX FRONTIÈRES DE LA NUIT
Long-métrage de fiction  (108 min.) En coproduction avec la RTS / TV5 monde / Radio Canada.

2003

LES SAVEURS DE LA SUISSE GOURMANDE (2ème partie)
Série de reportages (10x 11 min.) Coréalisé par Béatrice Bakhti. En coproduction avec la SRG SSR idée suisse. Série achetée par TV Cuisine, Rai Sat.

2001

LES SAVEURS DE LA SUISSE GOURMANDE (1ère partie)
Série de reportages (10x 14 min.) Coréalisé par Béatrice Bakhti. En coproduction avec la SRG SSR idée suisse.

1999

LE SILENCE DE LA PEUR
Long-métrage de fiction (70 min.)

1996

GENÈVE, MIROIR DU MONDE
Documentaire, long métrage (60 min.)

1994

AU CŒUR DES TÉNÈBRES
Documentaire, court métrage (14 min.) Coréalisé par Béatrice Bakhti.

1993

LE MARCHEUR SOLITAIRE
Documentaire, moyen métrage (27 min.) Produit pour Channel 4, Grande-Bretagne.

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    Fondée par Béatrice et Nasser Bakhti à Londres, en 1991 et transférée à Genève en 1993, Troubadour Films est une société de production indépendante créative et innovante. Nous développons et produisions des films avec un éclairage original sur ce qui se passe autour de nous, dans nos sociétés.Notre marque de fabrique: un contenu sérieux avec des thématiques fortes et porteuses de sens qui explorent des enjeux sociaux qui ont tous pour fil conducteur l’humain.

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